Face à la Révolution numérique, n’ayons pas peur !

Tribune publiée le 18 juin 2015 dans LE FIGARO, à l’initiative de mon collègue Olivier DASSAULT.

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Open data, réseaux sociaux, objets connectés : après les révolutions agricole et industrielle, l’économie mondiale est aujourd’hui bouleversée par une nouvelle vague d’innovations, essentiellement fondées sur le numérique !

Les chiffres donnent le tournis : 15.000 applications se développent chaque semaine, 100.000 nouveaux objets se connectent chaque heure au réseau, la somme des données numériques double tous les 2 ans… Du robot médical à l’usine du futur, en passant par la « Smart City », tous les secteurs de notre économie sont concernés. Dassault Systèmes en sait bien quelque chose. En réalité, nous ne subissons pas une crise, nous vivons une véritable mutation ! « Rien n’est permanent sauf le changement », disait le philosophe grec Héraclite…

Car la révolution des « NBIC », les Nanotechnologies, Biotechnologies, Informatiques et sciences Cognitives, représente un véritable tsunami de croissance et un formidable gisement d’emplois. En France, ce sont déjà 1,5 millions d’emplois qui dépendent du numérique et plus de la moitié qui exigeront, demain, des compétences technologiques ! C’est pourquoi, il est important de donner à nos jeunes une véritable culture numérique, afin d’en faire des acteurs responsables du changement, plutôt que des spectateurs passifs qui en subiraient les conséquences. Le numérique, le plus grand démultiplicateur d’innovation et d’intelligence, bouleverse d’ailleurs déjà l’univers de l’éducation et les méthodes pédagogiques traditionnelles. La création des « MOOC », l’ouverture de l’« école 42 » ou encore la diffusion des conférences TEDX n’en sont que les exemples les plus évocateurs.

Devant cette nouvelle ère digitale, la France regorge heureusement d’atouts et déborde de talents. Avec 11 médailles Field et 61 Prix Nobel, notre pays est en effet une nation de chercheurs, d’ingénieurs et de bâtisseurs ! Qui peut oublier que l’invention de la machine à vapeur, la révolution de l’aviation ou la découverte des vaccins est due à la créativité et à l’excellence française ? Ce n’est donc pas un hasard si notre pays est parvenu à se hisser au 3ème rang mondial, derrière les Etats-Unis et le Japon, dans le classement des 100 meilleurs innovateurs de la planète !

Mais attention à ne pas crier « cocorico » trop tôt ou nous reposer sur nos lauriers tricolores. Car malgré l’émergence de pôles de compétitivité, la création d’incubateurs ou l’apparition de « FabLab », notre pays doit toujours faire face à d’importants obstacles structurels... Nos brevets ont en effet parfois du mal à être valorisés, nos laboratoires de recherche publics et privés restent trop cloisonnés, nos 360 taxes sont pénalisantes et nos capitaux-risques trop imposés. Sans oublier certaines aides au financement qui sont d’une complexité administrative telle qu’elles deviennent tout simplement décourageantes…

C’est pourquoi, il est indispensable de ne pas raboter le Crédit Impôt Recherche, la mesure fiscale la plus incitative du monde pour innover ! Considérablement renforcée en 2008, notamment sous l’impulsion de Valérie Pécresse et des parlementaires de GEEA, cette disposition protège en effet nos cerveaux et incite fortement nos centres de recherche les plus performants à se maintenir dans l’hexagone.
Il faut aussi avoir le courage de supprimer de la Constitution le « principe de précaution », pour le remplacer par « un principe d’innovation » ! Car à cause d’une interprétation parfois excessive, ce dernier neutralise trop souvent l’action scientifique et constitue un réel blocage des activités de nos entreprises, souvent par la délocalisation ou l’arrêt de nombreux programmes de recherche...

Il faut agir car il y a urgence. La fin du progrès scientifique signifierait le début du déclin national. Alors, pour que notre pays continue d’éclairer le monde de ses découvertes, ayons de nouveau foi en la Science et renonçons au plus vite à ces idéologies paralysantes issues de la peur et du risque zéro ! Il n’appartient qu’à nous de dessiner la France de demain, dans ce monde du XXIème siècle, car comme le disait le philosophe de l’innovation Peter Drucker, « la meilleure façon de prédire l’avenir, c’est de le créer » !

Le député
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