Les agriculteurs sont des entrepreneurs : cessons de les contraindre !

Fin 2014, la commission des affaires économiques de l’Assemblée Nationale a décidé de créer une mission d’information sur les circuits courts. J’ai eu l’honneur d’être le Président de cette mission.

Particulièrement sensible aux questions agricoles, j’étais plein d’espoir à l’annonce de la mise en place de ce groupe de travail afin de mener une réflexion poussée sur la question de l’alimentation.

Le travail mené a été intense et très enrichissant. En effet, nous avons rencontré une grande variété d’acteurs intéressés par la question des circuits courts et de la relocalisation. Nous avons également effectué des déplacements sur notre territoire afin de rencontrer ceux qui font preuve d’imagination et d’innovation en matière agricole et alimentaire.

La mission s’est ainsi nourrie de l’ensemble des contributions des acteurs rencontrés. Cela a notamment permis de mettre en lumière les problèmes majeurs auxquels les filières agricoles et alimentaires sont confrontées aujourd’hui : manque d’infrastructures, réglementations multiples et contraignantes, coûts de production élevés, nécessité de pédagogie auprès des consommateurs, difficulté d’installation pour les nouveaux agriculteurs, etc.

Le rapport volumineux de ma collègue Brigitte ALLAIN, rapporteur de cette mission, m’a été transmis à deux reprises. Dans la première version, j’étais plutôt satisfait de l’esprit général du texte.En revanche, dans la seconde correction, il avait alors perdu toute essence et tout sens !

Alors que je souhaitais, pour ma part, mettre l’accent sur des incitations à l’égard des entrepreneurs spécialisés dans les circuits court, le rapport s’est positionné désormais d’avantage en faveur de normes contraignantes pour les entreprises et les différents intervenants du secteur.

Je considère que convaincre vaut mieux aujourd’hui que contraindre nos agriculteurs et par extension les entrepreneurs de France qui n’en peuvent plus de la partie administrative de leurs métiers devenus parfois impossibles à exercer.
Tout ce travail de fond n’aura servi à rien si les politiques s’obstinent à imposer des mesures dogmatiques et inquisitoires. L’agriculture est un secteur économique à part entière pour notre pays, entièrement inscrit dans son histoire et sa culture. L’agriculture ne saurait faire abstraction du souci de développer sa compétitivité, de rechercher des marchés à l’export et de créer du travail et donc des emplois.

Lors des débats récents relatifs à la proposition de loi visant à favoriser l’ancrage territorial de l’alimentation, j’avais déposé, avec mes collègues du groupe LES REPUBLICAINS plusieurs amendements améliorant le texte sans le dénaturer. Ceux-ci se sont avérés pertinents puisque repris, à son compte, par la majorité !

Parce que nous avons besoin notamment d’agriculteurs produisant aussi de grosses quantités pour continuer à faire de la France un pays exportateur de produits agricoles et agroalimentaires et que nous sommes aussi sensibles et exigeants sur la qualité de l’alimentation à fournir dans nos cantines scolaires, notre groupe LES REPUBLICAINS a voté ce texte pour la population, pour la ruralité, et plus pour les circuits de proximité que pour les circuits courts (les circuits courts n’ayant pas de rapport avec la production locale mais avec le nombre d’intermédiaires).

Le député
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