Ma vision du territoire

Début octobre, j’ai adressé aux Présidents des Communautés de Communes de Vallée Loire Authion, du Loir, du Canton de Baugé, Les Portes de l’Anjou, du Canton de Noyant, de Loir et Sarthe et Beaufort en Anjou, aux Maires des Communautés de Commune et aux les conseillers généraux des cantons correspondants une lettre relatant ma vision du territoire.

Je souhaite ici vous la livrer :


J’ai souhaité vous livrer mes réflexions à propos de la réforme territoriale en cours.

La situation actuelle est historique. Il est en effet prévu dans la loi, que là où nous ne choisirons pas, l’État choisira pour nous. Le Préfet dessinera alors les contours de nos intercommunalités en l’absence de propositions de notre part. La loi impose 20 000 habitants minimum, mais la jauge prévisible en Maine et Loire serait plutôt aux alentours de 35 000, voire plus.

Si on regarde le Maine et Loire, de grands blocs se dessinent et se préparent. Nous avons déjà les trois agglos d’Angers, Cholet et Saumur.

Le pays d’Angers est en passe de devenir un pôle métropolitain. On réfléchit activement autour de Segré à une grande intercommunalité du segréen. De même une grande intercommunalité couvrant les Mauges est en réflexion.

Reste alors le Nord Est Anjou qui est, de plus, souvent en grande partie en deuxième moitié de classement dans les nombreux tableaux statistiques.
Et pourtant, il a des atouts avec deux autoroutes et cinq échangeurs, la Loire et sa vallée de l’Authion, le Baugeois et ses ressources forestières, partout une agriculture à forte valeur ajoutée, des entreprises, des artisans et des commerçants dynamiques, une vie associative riche et active.

Il manque sans doute à nos communautés de communes actuelles la force que procure le "faire ensemble pour tous" dans les domaines de l’attractivité économique, du développement du tourisme, de l’agriculture dans toutes ses filières, des transports.
Ces grands domaines pourraient être gérés à l’échelle d’une large intercommunalité aux compétences revisitées et n’étant donc pas calquées sur celles de nos communautés de communes d’aujourd’hui.

Nous avons géré dans celles-ci jusqu’à ce jour un territoire à l’échelle du cadre de vie quotidien et solidaire de ses communes membres pour le maintien du lien social et de la proximité avec sa population.
Mais chacun sait aujourd’hui que nos communautés actuelles n’existeront plus en l’état à l’horizon 2016.

Alors comment ne pas perdre tous les bénéfices de la proximité, de l’identité locale et du lien social renforcés par nos communautés de communes qui vont elles-mêmes être diluées dans un échelon supérieur sortant du cadre de vie quotidien ?
Et comment nos communes existeront dans un tel ensemble plus fort mais forcément plus généraliste ?

Je crois que partout où c’est pertinent parce que sur un même bassin de vie, la commune nouvelle garantira l’existence de chaque commune fondatrice qui verra son identité locale renforcée.
Nos commissions communautaires redeviendront municipales de la commune nouvelle seule à-même de préserver la proximité entre élus et citoyens. N’est ce pas là une des qualités à préserver de la ruralité qui nous est chère ?

Je voulais en tant que député dont la circonscription couvre une grande partie du Nord-Est de l’Anjou vous faire part de la vision que je perçois de notre territoire.

Soyons ambitieux pour le développer grâce à une intercommunalité la plus large possible mais aux compétences généralistes pour les projets d’avenir qui financeront la vie quotidienne de nos enfants et petits enfants.

Je pense aussi que cette grande intercommunalité aurait tout intérêt à rejoindre le pôle métropolitain pour bénéficier de son Scot et de sa dynamique de développement tout en pouvant y affirmer sa spécificité rurale.

Enfin, essayons de voir plus loin que nos mandats actuels pour consolider notre lien social quotidien grâce à des communes nouvelles qui feront vivre nos communes au service de tous leurs habitants et préserveront leur identité locale de commune, de village où il fait bon vivre.

Bien entendu, ces réflexions ont pour seul but d’alimenter le débat entre nous. Le temps nous est cependant compté pour décider de conduire et non de subir. Il nous appartient de décider de révéler tous les savoir faire et tous les savoir vivre de notre Nord Est Anjou qui ne pèserait pas son véritable poids s’il était encore partagé en deux ou en trois communautés face aux cinq autres grandes intercommunalités de l’Anjou.

Je vous remercie de me faire part de vos observations, je reste à votre disposition si vous souhaitez en parler.

Je vous prie de croire en l’expression de mes sentiments les plus cordiaux.

Jean-Charles TAUGOURDEAU

  • vendredi 10 octobre 2014
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