RSA : Plus d’argent de la collectivité sans contrepartie !

La récente décision du Tribunal administratif de Strasbourg d’annuler la délibération du conseil départemental du Haut-Rhin de conditionner le versement du RSA à la réalisation de 7 heures de bénévolat par semaine est révélatrice d’un vrai malaise dans notre société.

Institué par la loi de 2008 portée par Martin HIRSCH, le RSA est défini comme une mesure qui a certes pour objet d’assurer à ses bénéficiaires des moyens convenables d’existence, mais également d’encourager l’exercice ou le retour à une activité professionnelle et donc a vocation à favoriser l’insertion dans le monde du travail des personnes en difficultés.

Sincèrement, que reprocher à cette initiative ? Nous parlons seulement de 28 heures par mois d’activité destinée au bien public et malencontreusement appelée "bénévolat". On ne peut tout de même pas parler d’exploitation ! Au contraire, l’objectif du dispositif était avant tout de « mettre le pied à l’étrier » aux bénéficiaires du RSA et de les sortir de l’isolement en leur redonnant le goût du travail.
Il est urgent de chambouler le raisonnement en faveur de la création de travail en France. Le débat est simple : soit continuer à se complaire dans l’assistanat, soit mettre en place des mécanismes permettant une insertion dans le monde professionnel des personnes aujourd’hui en difficultés en leur proposant une activité.

La collectivité n’a pas à distribuer de l’argent public sans contrepartie d’une activité en faveur du public, quand on est en capacité de l’exercer, évidemment. Il est nécessaire de faire comprendre que le RSA doit être un contrat passé entre les bénéficiaires qui ont besoin d’un coup de pouce et l’État en contrepartie de services rendus à la collectivité.

En attaquant cette décision du conseil départemental du Haut-Rhin sur une question de vocabulaire, le gouvernement fait tomber le masque : il préfère l’assistanat à l’accompagnement du retour au travail en France.

Le député
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