SIA 2017 - les agriculteurs doivent pouvoir vivre de leur travail tous les jours !!

Je me suis rendu à la rencontre aujourd’hui des agriculteurs français à l’occasion du 54e Salon de l’agriculture. Comme chaque année, c’est un immense plaisir de me rendre au SIA, de saluer tous ces entrepreneurs et de leur faire part de mon soutien, qui malgré une conjoncture des plus difficiles, fournissent un travail d’une indéniable qualité .

Ce 54e SIA n’est pas comme les autres…il est marqué par la profonde douleur d’avoir perdu, Xavier Beulin, Président de la FNSEA, grand défenseur de l’agriculture qui participait à promouvoir une agriculture diversifiée, compétitive et innovante, au service de tous les producteurs et les consommateurs de notre territoire. A cette extrême tristesse, s’ajoute l’intensité des crises traversées par le monde agricole dont le gouvernement actuel ne semble pas avoir mesuré l’importance.

L’agriculture constitue un pan économique énorme pour la France, hérité de son histoire et inscrit dans sa culture. Aujourd’hui, le secteur agricole est fragile et son marché est clairement mal régulé en raisons d’incohérences politiques notables et de mesures inefficaces liées au manque de soutien accordé aux agriculteurs.
Je l’ai souvent répété mais je crois qu’il ne faut pas s’arrêter de le redire. Les producteurs sont asphyxiés ! Nous devons rétablir la confiance en nos agriculteurs et leur permettre de vivre pleinement de leur métier en défendant notre agriculture. Il est impératif d’inverser la logique de fixation du prix des produits en prenant en compte les coûts de production qui ne cessent d’augmenter alors que certains agriculteurs doivent vendre à perte.

A la vue de la chute importante des volumes produits et de la baisse des prix qui ne profitent aucunement à la pérennisation du secteur agricole, il est nécessaire de réfléchir à des nouveaux raisonnements.

Pour répondre à la question de la volatilité des prix des produits agricoles, j’ai déjà proposé d’inverser le raisonnement de fixation des prix dans lequel le producteur est isolé. Cela répondrait à un triple intérêt : un intérêt économique, environnemental et sanitaire. En cherchant l’origine « France » de ses achats, je suis certain que le citoyen-consommateur serait prêt à fournir une « marge arrière » à condition qu’elle soit 100% au bénéfice du producteur pour que ce dernier puisse être garanti, par sa production, de vivre de son métier ! Pour chaque filière, dans chaque région, un prix de base en dessous duquel les producteurs ne peuvent pas vivre de leur travail pourrait être établi. Le citoyen-consommateur doit retrouver son intérêt dans la connaissance de l’origine des produits qu’il consomme, et le producteur agricole doit, par bon sens, pouvoir vivre de son métier, indispensable au paysage économique français.

Pour terminer, je reprendrais les propos de Xavier Beulin : « Le modèle sur lequel nous avons vécu doit être adapté à une nouvelle donne économique, sociale et sociétale. Toute l’agriculture vit déjà cette mutation. Il faut en définir le cadre, c’est l’un de nos plus grands chantiers pour les prochaines années. »

Alors en avant ! Agissons !

Ma question au gouvernement du 20 décembre 2016 : Être agriculteur, aujourd’hui, c’est à terme accepter de mourir trois fois : moralement, économiquement et physiquement.

Le député
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