Alstom : Audition de Mme Clara Gaymard, présidente de General Electric France, et de M. Mark Hutchinson, dirigeant de General Electric en charge de l’intégration des actifs énergie d’Alstom

Durant cette même journée, la Commission des Affaires économiques a reçu Mme Clara Gaymard, présidente de General Electric France, et M. Mark Hutchinson, dirigeant de General Electric en charge de l’intégration des actifs énergie d’Alstom que j’ai eu l’occasion d’interpeller :

M. Jean-Charles Taugourdeau. Pouvez-vous préciser ce dernier point ? Ce que vous nous présentez semble merveilleux ; mais je reste convaincu, malgré vos efforts, qu’il ne s’agit pas d’une alliance. Vous dites que la situation restera la même tant qu’Alstom le souhaitera : je maintiens, moi, qu’elle ne dépend que du bon vouloir de General Electric.
Si la Commission européenne vous imposait de céder l’ensemble de l’activité d’Alstom dans le domaine des centrales à gaz, en raison de règles de concurrence, General Electric renoncerait-il à l’acquisition des autres activités d’Alstom dans le domaine de l’énergie ? Cette procédure européenne constitue-t-elle une gêne pour vous ?
La presse américaine a évoqué le possible remplacement du PDG de General Electric, Jeffrey Immelt, par le directeur financier de l’entreprise : un tel changement remettrait-il en question l’acquisition des activités énergie d’Alstom ?
Je répète, pour avoir déjà connu ce type de situations, qu’il ne s’agit pas là d’une alliance.

Mme Clara Gaymard. S’agissant de l’alliance, je voudrais rappeler que l’intégration est conduite de façon totalement bipartite. Mark Hutchinson l’a dit : Jérôme Pécresse est le co-leader de l’intégration, et toutes les décisions sont prises de façon commune. C’est vrai à tous les niveaux, que ce soit pour les ressources humaines, pour la partie juridique, etc. À chaque fois, la gouvernance est exercée par un tandem. Vous êtes libre, bien sûr, de penser ce que vous voulez, mais nous, nous concevons cette alliance avec une gouvernance commune. C’est de toute façon indispensable : il y a environ 65 000 personnes de chaque côté ; en mettant simplement les uns sous la coupe des autres, on courrait à l’échec.

M. Mark Hutchinson (traduction). General Electric est une multinationale qui travaille avec plus de vingt juridictions dans le monde ; chacun a des procédures différentes. Certaines ont déjà approuvé la transaction, d’autres examinent encore le dossier. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le travail de la Commission européenne. Celui-ci a commencé cinq mois avant janvier 2015, par une phase préliminaire qui lui a permis de se familiariser avec l’entreprise, l’opération, le marché. Le dialogue a été particulièrement constructif. La première phase s’est achevée et nous en sommes aujourd’hui à la deuxième. Compte tenu de la dimension et de la complexité de cette opération, il était évident que la Commission réagirait de cette façon. Cela ne nous gêne absolument pas. Nous allons continuer de lui montrer les avantages de cette opération. Notre dossier est, nous en sommes persuadés, très solide. Il pourra y avoir des cessions – toutes les autorités de régulation du monde entier fonctionnent de la même façon.

Retrouvez le compte rendu intégral de la commission : ici

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