Être agriculteur, aujourd’hui, c’est à terme accepter de mourir trois fois : moralement, économiquement et physiquement.

Monsieur le Premier ministre, chaque semaine 200 exploitations agricoles disparaissent.

Voici des extraits de la lettre ouverte qui vous est adressée par Madame Cormier, agricultrice. Ce sont ses mots, extrêmement forts mais empreints de cette vérité qui dérange. Je cite :

« On dénombre un suicide d’agriculteur tous les deux jours. Ces filles et fils de la terre, de tous âges, se donnent la mort en laissant derrière eux famille et amis.
Être agriculteur, aujourd’hui, c’est à terme accepter de mourir trois fois : moralement, économiquement et physiquement. Et, nous agricultrices, dans toute cette colère et ce désespoir, nous ne pouvons qu’assister à ce qui s’apparente (...) à un véritable génocide.

Nous, veuves agricultrices, célibataires agricultrices, conjointes d’exploitation et femmes d’agriculteurs sommes les témoins de ce spectacle.

(...) Supporter seules le poids du stress et du travail, gérer les créanciers, assister à l’impuissance et à la colère de nos conjoints : quel beau métier !

(...) Mais lorsque vient le moment d’expliquer à nos enfants que nous devons vivre avec le RSA, qu’il n’est plus possible de se passer des Restos du cœur pour pouvoir se nourrir, nous qui, de par notre métier, nourrissons les autres, comment trouver les mots ?

(...) Tristesse, misère, et découragement sont notre quotidien ! (...)

Nous ne souhaitons pas devenir les plus riches du cimetière, (...), mais uniquement être en capacité de vivre dignement de notre si beau métier.

Étant le premier maillon de la chaîne, notre proche disparition sera le début d’une longue agonie. »

Fin de citation.

Monsieur le Premier Ministre, pas de ruralité sans agriculteurs. Les entendez-vous dans nos campagnes ? Que leur répondez-vous ? Pas à moi, à elles ! Elles aimeraient tellement que vous leur répondiez vous-même.

Le député
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