Imaginez, imaginons, que la France soit prospère ...

Ce mardi 3 mai (dernière séance), j’ai eu l’occasion de m’exprimer à l’occasion de la discussion générale consacrée au projet de loi "Nouvelles libertés et nouvelles protections pour les entreprises et les actifs", voici le discours que j’ai prononcé :
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Madame la Présidente,
Mesdames les Ministre,
Madame et Messieurs les Rapporteurs,
Chers Collègues,

Ne disposant que de 5 minutes, je voudrais, Madame la Ministre, mes chers collègues, que nous fassions ensemble un petit exercice intellectuel mais sympathique : imaginez, imaginons, que la France soit prospère avec des chiffres indiquant entre 3 et 4% de chômage, c’est à dire qu’enfin nous aurions éradiqué le chômage longue et moyenne durée.

Avant de nous demander comment nous en sommes arrivés là, essayons d’imaginer comment fonctionnerait une France où règnerait le plein emploi !

Les TPE et les PME sont florissantes, accompagnées et épaulées par de nombreux auto-entrepreneurs qui très vite créent leur propre entreprise ;

De nombreuses PME sont maintenant devenues des ETI avec un savoir-faire et une qualité dépassant les ETI allemandes ;

Nos fleurons du CAC 40 sont aux toutes premières places mondiales et agglomèrent autour d’elles des milliers de TPE-PME dans des relations « gagnant-gagnant » ;

Tous les entrepreneurs de France se sentent enfin sécurisés et stabilisés juridiquement et fiscalement parce que depuis plusieurs alternances législatives les partis de gouvernement (PS, radicaux de gauche, UDI, les Républicains) ont scellé le seul pacte de responsabilité qui soit crédible pour tous, à savoir libérer et protéger nos entrepreneurs en leur assurant la liberté de gérer et organiser leurs entreprises avec leurs salariés. Ce qui n’empêcherait pas les joutes électorales pour savoir comment financer le fonctionnement de notre société tout en protégeant nos entrepreneurs.

Mes chers collègues, je veux souligner que cette stabilité juridique et fiscale sécurise et facilite l’accès au financement bancaire. Les banques, aussi, ont besoin d’y voir clair, à 10/15 ans, pour prêter plus sereinement.

Mais c’est aussi, bien sûr, parce que vous auriez tous compris cela que la France est au plein emploi. C’est aussi parce que les partenaires sociaux ont compris que leur rôle doit être d’accompagner les salariés en veillant à leurs conditions d’hygiène et de sécurité au travail. L’organisation des entreprises étant laissée aux membres de l’entreprise.

D’ailleurs, entre nous, je me suis posé une question qui vous a peut-être aussi traversé l’esprit : comment un responsable syndical national, qui ne s’aperçoit pas qu’on a fait 130 000 € de travaux dans son bureau, peut-il être compétent pour discuter de l’organisation économique d’une entreprise et à fortiori des entreprises de France ?

Mais revenons à notre futur. En période de plein emploi, quel bonheur pour les salariés ! Je suis salarié, j’ai été bien formé dans l’entreprise où je travaille, mon patron est sympa, il répond à mes demandes, JE RESTE !

Il n’y répond pas, dommage pour lui et l’entreprise, je décide que je pars, car je le peux, je suis LIBRE, parce que le lendemain (comme il y a 40 ans), je retrouve du travail même chez son meilleur concurrent.

Comment arriver à cette situation où les entrepreneurs sont libres d’entreprendre et où les salariés, les collaborateurs, sont libres de choisir leur entreprise, celle où ils ont envie d’apporter leur savoir-faire, le meilleur d’eux-mêmes ?

Je soulignerai, au cours des articles, quelques priorités techniques essentielles : accords d’entreprise (pas ceux prévus par votre texte mais des accords où les salariés s’expriment majoritairement en faveur (ou non) d’une proposition du chef d’entreprise) ; facilité de licenciement, suppression des seuils, pass « travail », etc.
La route est encore longue, Madame la Ministre nous pensions qu’il faut assouplir le code du travail, nous pensons que le code du travail rigide, complexe, indigeste a anesthésié nos entrepreneurs quand il ne les a pas paralysés.

Il a transformé les salariés en otages de l’entreprise où ils travaillent puisque s’ils partent, ils ne trouvent que Pôle emploi pour les accueillir.

Et Monsieur Christian Paul pense, Madame le Ministre, que votre loi affaiblit le code du travail. Les frondeurs ne seraient-ils pas complices de nos concurrents économiques pour dire de telles contrevérités ? Alors qu’en fait comme pour les 35 heures, ce texte veut faire entrer les syndicats dans les TPE/PME.

Assurément, et nous aurons le temps d’entrer dans les détails, ce texte ne nous emmènera jamais vers le plein emploi.

Et vous avez compris que si plein emploi il y avait, avec ce texte, on retrouverait rapidement nos 10% de chômage !

Car quand vous dîtes, Mme la Ministre, souplesse et blanc-seing, c’est que vous ne faîtes pas confiance aux entrepreneurs.

Alors, permettez-moi, Mme la Ministre, de ne pas vous accorder de blanc-seing et de ne pas soutenir ce texte.

Le député
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