Les abattoirs, l’atout des circuits courts

À mi-parcours de la mission d’information sur les circuits courts que lui a confiée Jean-Charles Taugourdeau, le président de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, la députée Brigitte Allain était avec lui, hier, sur ses terres, à Eymet.
Le préfet Christophe Bay et la sous-préfète Dominique Laurent s’étaient joints à la délégation pour visiter l’abattoir municipal. Ce type d’équipement est en effet un maillon essentiel des circuits courts, propices à l’activité économique locale et à une chaîne alimentaire de proximité.
Deux thèmes que les Français plébiscitent aujourd’hui et sur lesquels le gouvernement attend donc le rapport confié à Brigitte Allain.

Volonté municipale

Avec un tonnage annuel de 700 à 800 tonnes, l’établissement d’Eymet est une toute petite structure. Mais sa gestion, confiée à deux éleveurs locaux, René Maso et Gérard Nusse, rend un service apprécié. « Ni les animaux qu’on y amène, ni la viande qui en sort ne voyagent longtemps. C’est avantageux tant d’un point de vue économique que qualitatif », expliquent-ils.

Le maire d’Eymet, Jérôme Bétaille, ne cache pas que l’abattoir a été sauvé grâce à une forte volonté municipale : « En 2008, son activité était tombée à 50 tonnes, raconte-t-il. Mais il disposait d’un agrément et la fermeture de Tonneins et Castillonnès (47) justifiait son maintien. D’importants travaux sur les chambres froides en ont fait un outil performant, qui peut traiter jusqu’à 1 000 tonnes par an. »

Afin d’optimiser le fonctionnement de l’abattoir, qui se situe dans le bourg, des mesures de sécurité sont petit à petit mises en œuvre. La commune d’Eymet est en effet classée « plus beau village de France » et le Dropt coule au pied du bâtiment. « Malgré ces contraintes, on peut faire des choses », témoigne Jérôme Bétaille, en insistant sur le fait que l’abattoir vit en autonomie, sans rien coûter au contribuable.

Projets de développement

La maison qui lui fait face a été achetée par la mairie : l’arrivée des animaux vers 3 heures du matin peut constituer une nuisance… Un terrain voisin a également été acquis afin que l’arrivée des animaux vivants et le départ des quartiers de viande se fassent par deux circuits différents. L’établissement cherche à obtenir l’agrément bio qui présente, entre autre intérêt, la possibilité de travailler avec la restauration collective.

La délégation officielle a entendu ces arguments qui s’inscrivent parfaitement dans la démarche confiée à la députée Brigitte Allain. D’autant que l’abattoir contribue au maintien de l’activité économique locale : celle des agriculteurs qui viennent d’une cinquantaine de kilomètres à la ronde et celle du petit commerce artisanal des boucheries et charcuteries des villages.

Pauline Pierri
Sud Ouest

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