REFORME TERRITORIALE : lettre au Premier Ministre

Le 15 Septembre dernier ma collègue Laurence ARRIBAGÉ Députée de Haute-Garonne a adressé un courrier à Manuel VALLS concernant ses craintes et son ressentiment face à la réforme territoriale menée par le gouvernement. Avec 110 autres de mes collègues nous avons décidé de cosigner ce courrier que nous estimons juste et nécessaire.

Monsieur le Premier Ministre,

Dans la discrétion de la pause estivale, vous annonciez, en vue des élections régionales de décembre, la consternante création de postes de « Présidents délégués », qui officieraient en tant que « seconds » des présidents de Conseils régionaux et « supérieurs » aux 15 vice-présidents déjà prévus par la loi.

Permettez-nous d’exprimer ici notre profonde circonspection quant à cette dernière invention baroque, issue, selon toute apparence, de manoeuvres et tractations partisanes entre Socialistes et Radicaux de Gauche en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Quel intérêt présente la fusion des régions, si vous dédoublez les postes jusqu’à celui de la présidence ?

Votre réforme territoriale apparaît décidément toujours plus nébuleuse et incohérente. Alors que vous prôniez la réduction des dépenses et l’efficacité de l’action publique, vous comptez, à présent, alourdir la charge budgétaire des régions avec l’installation de ce poste qui, incontestablement, mettra en péril la cohésion des nouveaux territoires en leur imposant une direction bicéphale.

L’esprit même de la décentralisation doit-il être définitivement sacrifié sur l’autel de vos arrangements politiciens ?

Dans la confusion la plus totale, on entend désormais affirmer que ces « Présidents délégués » n’auraient qu’un rôle représentatif voire symbolique, ne requérant aucun cabinet, qu’ils ne seraient mis en place que dans les régions nouvellement fusionnées qui le souhaitent ou encore sur la seule durée du prochain mandat. Le manque ostensible de réflexion autour de ce projet achève de nous convaincre de l’absurdité de cette nouvelle charge « facultative » et « provisoire ».

Nous déplorerions de voir le temps parlementaire confisqué par l’introduction d’une telle mesure superflue et électoraliste, alors que tant de priorités autrement plus fondamentales pour l’avenir de notre pays et de nos concitoyens se font toujours plus pressantes ! Votre dernier ministre du travail laisse derrière lui un bilan alarmant de 6,43 millions de demandeurs d’emploi comptabilisés en juillet dernier, soit 430 000 de plus qu’en avril 2014, lors de sa prise de fonction.

La croissance patine, la crise agricole perdure, la crise des migrants empire. Les français sont assommés de taxes et d’impôts et le risque terroriste atteint un niveau critique terrifiant.

Quelles sont, Monsieur le Premier Ministre, les grandes mesures attendues sur ces chantiers autrement plus urgents pour la santé et la sécurité du pays ?

Aussi, nous vous demandons de renoncer instamment à ce projet futile de poste de « Président délégué » qui ne servira que des intérêts particuliers et locaux, au mépris de l’efficience de nos territoires, de l’équilibre de nos comptes publics, du respect de nos concitoyens et de l’éthique républicaine.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Premier Ministre, en l’assurance de notre haute considération.

Le député
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