PLF 2015 : « Cela va être moins pire que si c’était plus grave ! »

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Discussion générale - Projet de loi de finances 2015 - 15 octobre 2014 00h20

Projet de loi de finances ! Les finances de notre pays ! Quel vaste sujet souvent d’ailleurs réservé aux seuls initiés…

Je tiens à dire, à cette tribune, combien je suis honoré de pouvoir, moi aussi, m’exprimer sur notre budget car … ne faisant pas partie de la très éminente commission des finances, rares sont les collègues qui peuvent avoir cette liberté ! (¼ des orateurs seulement lors de cette discussion générale ne sont pas des commissaires aux finances…)

Donc membre de la commission des affaires économiques et chef d’entreprise, il m’est agréable de pouvoir vous délivrer un message ! Un message de terrain !

Car, de quelles finances parlons-nous aujourd’hui ? Des finances que nous n’avons pas ? Des finances que nous voulons gagner ? Des finances que nous ne voulons pas dépenser ? Et peut-être des finances que nous n’avons pas et qu’il faudrait mieux donc ne pas dépenser !

Nous sommes encore une nouvelle fois face à un projet qui n’est pas dans la réalité économique mondiale !

Qui a bloqué la consommation en re-fiscalisant les heures supplémentaires ?

Qui a pulvérisé le pouvoir d’achat des Français en augmentant tous les impôts ?

Qui massacre nos entreprises en les surchargeant de nouvelles obligations et en leur compliquant la vie ?

Alors oui, je vous le concède… cela fait 36 ans que nous prenons le chemin vers le mur qu’on a tapé ! Cela fait 36 ans que l’exécutif national élabore des budgets en déficit. Et en 36 ans, pour mettre tout le monde d’accord, il y a eu autant de « gauche » que de « droite ».

En bon père de famille… oups c’est vrai que vous avez fait disparaître cette notion de notre code civil, j’espère que je ne vais pas avoir une amende…, dans toute famille, disais-je donc, on évite de dépenser plus que ce que l’on a gagné !

Et pourtant, vous votez encore des budgets en déficit, en imposant plus, en taxant plus, sans vous soucier du retour productif des impôts et des taxes.

Depuis 2 ans, vous avez continué à asphyxier nos entreprises et nos familles. Oh, pas dans la comm’ certes mais dans les faits : OUI ! (un chef d’entreprise : salaires bruts fixes : + 6% de frais de personnel en plus. Je ne vous parle pas du CICE : contrôles fiscaux systématiques…)

Respectez enfin ceux qui prennent des risques avec leur argent !

Regardez autrement ceux que vous prenez pour des exploiteurs mais qui hypothèquent leur maison, tous leurs biens pour gérer le système privé qui crée toute l’activité génératrice de richesses.

Je parle de ceux qui entreprennent à leur compte, qu’ils aient de zéro à plusieurs milliers de salariés ; qu’ils soient artisans, commerçants, chefs d’entreprises, agriculteurs, professions libérales.

Tout cela ne peut fonctionner qu’à condition que nous ne consommions pas plus que ce que nous produisons. Pour cela, il faut savoir faire des économies.

Or, je ne les ressens pas dans la stratégie du gouvernement. En revanche nos collectivités vont les sentir elles… car vous leur proposez de les faire participer à l’effort.

Normal. Alors, c’est vrai, elles peuvent faire des économies…

Mais soyez logiques, soyez honnêtes. Dîtes le : vous baissez les dotations et dans le même temps, vous leur imposez de nouvelles obligations. (vous avez entendu parler des rythmes scolaires ?!...)

Alors que vont-elles faire ? Eh bien, elles vont baisser les investissements parce qu’elles ne peuvent pas facilement baisser leurs frais de fonctionnement, en tout cas elles ne peuvent pas licencier !

Et elles vont donc pénaliser une nouvelle fois les entreprises comme celles de travaux publics que vous aviez tout à l’heure devant l’Assemblée !

Vous ne faîtes pas d’économies ! Le Président de la commission des finances vous l’a dit tout à l’heure, vous nous faîtes assister à une « progression des dépenses qui régresse ». Au fond, vous devriez dire que « cela va être moins pire que si c’était plus grave ! »

Quand ? Quand aurez-vous, par exemple, le courage de dire aux Français que continuer à embaucher sous statut de la fonction publique n’est plus tenable pour que le système actuel puisse s’éteindre en douceur ? Est-ce raisonnable d’embaucher 60 000 fonctionnaires dans l’Education nationale ? (si vous embauchez des jeunes gens de 20 ans qui vivront jusqu’à 100 ans… c’est 4 800 000 années de travail en un claquement de doigt du Président de la République…) !

Ayez le courage de regarder la vérité en face. La dépense publique est menacée parce que le travail quitte notre territoire.

Il y a urgence ! Il y a urgence à laisser respirer nos entreprises pour qu’elles créent suffisamment de nouveau des richesses !

Pour terminer, je voudrais vous dire de manière très basique (et facile à comprendre même si l’on ne sait pas compter) : il y a de moins en moins de contribuables, ils paient donc de plus en plus d’impôts et ils se sauvent ou arrêtent d’investir.

Il est temps pour Bercy de passer d’une logique comptable à une logique économique.

Cette logique de la grande distribution : Je pratique des petits prix (autrement dit des petits impôts), je fais des petites marges (autrement dit les impôts n’empêchent pas de vivre).

Bilan : pour nos finances, ce serait de plus en plus de contribuables mais payant un impôt raisonnable. Et donc pour l’Etat une plus grosse « récolte » mais plus juste et équitable.
Chacun comprendra de nouveau que le travail est la seule vraie source de création de richesses.

Et c’est cette création de richesses retrouvée qui permettra à l’Etat redevenu raisonnable d’activer la solidarité nationale grâce à des finances redevenues saines !

Ce PLF n’étant pas raisonnable, je ne le voterai pas !

Le député
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