Pourquoi je n’ai pas accordé ma confiance au gouvernement ?

Avant le discours de politique générale, « on » nous avait promis qu’avec Manuel Valls à Matignon, le réalisme économique serait enfin une priorité !

Et pourtant, force est de constater que la feuille de route fixée hier par le Premier Ministre est la continuité de ce qui ne fonctionne pas et pis, en total décalage avec les réalités économiques et budgétaires de notre pays !

Plus grave encore, Manuel Valls s’inscrit droit dans le sillage illisible et incohérent du Président de la République.

Rien de ce qui a été annoncé ne permet d’envisager sereinement un avenir économique plus prospère :

- Le Pacte de Responsabilité ne se résume qu’à des mesurettes qui ne restaurera pas nos outils de production. Pire : il s’alourdit d’un pseudo « Pacte de Solidarité », qui creusera davantage encore notre déficit public et donc à augmenter la dette.

- L’exonération de charges patronales sur le SMIC en 2015 va créer un effet de seuil qui pénalisera les augmentations de salaire et n’incitera absolument pas les entreprises à embaucher.
Surtout que, dans le même temps, on donne les pleins pouvoirs aux inspecteurs du travail pour verbaliser les employeurs sans passage par les tribunaux avec des amendes de 1500 à 10 000€ par salariés. Il faut réaliser que 35 milliards d’allègement du coût du travail pour les entreprises ne représentent qu’environ 11 000€ par entreprise si on considère qu’il y en aurait trois millions en activité.

-  Les économies annoncées ne sont absolument pas identifiées. La seule piste explicite qui se dessine est une baisse drastique des dotations aux collectivités locales, devenues des cibles de choix, de 10 milliards d’euros sur 3 ans.

- Les nouvelles mesures ne font l’objet d’aucun financement. Il y a fort à parier que c’est la branche sociale de la famille et donc les familles elles-mêmes qui vont avoir à les financer. La baisse du plafond du quotient familial par le gouvernement lors du dernier collectif budgétaire en est la preuve.

- Les mesures en faveur des ménages ne concernant pas les classes moyennes, qui vont pourtant être durement affectées par les hausses d’impôts – en particulier d’impôt sur le revenu – en 2014.

- La croissance reste asphyxiée par les impôts nouveaux, aucune baisse n’étant prévue dans les années à venir. En choisissant l’impôt plutôt que la baisse des dépenses, c’est l’investissement nécessaire à la croissance et donc au travail créateur d’emplois qui est pénalisé.

Il faut ajouter au rang de la confusion, l’annonce de la simplification du « mille-feuille territorial ». Sur ce point, M. Valls a simplement recyclé des propositions éparses dont la plupart devront voir le jour en 2018 voire en 2021…

Enfin, la réforme pénale de Christiane Taubira reste apparemment d’actualité alors même qu’elle porte en elle les germes d’une généralisation de la culture de l’excuse.
Contrairement et plutôt que de lancer un vaste plan de construction, le gouvernement actuel conclut une fois encore qu’il faut faire sortir les détenus de prisons, et éviter de recourir, par principe, à l’incarcération...

Plus largement sur les questions économiques, je le répète, « c’est le travail qui crée l’emploi ». Or, je ne trouve absolument rien dans le programme du gouvernement qui permette à nos entreprises, à nos TPE, à nos PME, à nos ETI de créer des richesses, du travail et donc de leur permettre d’embaucher !

Voilà pourquoi, hier, je n’ai pas été convaincu par la prestation du Premier Ministre et ne lui ai pas accordé ma confiance.

Le député
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