Pourquoi je soutiens les avocats dans leur grève

Tout d’abord il faut rappeler que cette grève concerne une réforme de l’aide juridictionnelle, système qui permet, depuis 1851, l’accès à la justice aux personnes qui n’en ont pas les moyens.

L’article 15 du projet de loi de finances souhaite rendre accessible à un nombre encore plus important de personnes ce système, jusque là pas de soucis. Mais pour financer ce-dit système il n’a rien été trouvé de mieux que de venir ponctionner les avocats eux même ! Le risque est que plus aucun avocat n’accepte de défendre les bénéficiaires de l’aide juridique, car travailler à perte s’avèrera forcément dangereux pour leurs cabinets.

En effet à chaque fois qu’un avocat accepte d’intervenir dans le cadre de l’aide juridictionnelle, il accepte de passer des heures sur un dossier en contrepartie d’une indemnité deux fois inférieure à ses charges. Il faut donc être motivé, passionné ou militant pour accepter. Affaiblir encore d’avantage cette indemnisation est plus que regrettable. Ces avocats qui sont arrivés au bout de 7 ans d’études difficiles et intensives se retrouvent sous-payés et ils devraient assumer une part encore plus importante du financement de l’aide juridictionnelle, mais pourquoi l’Etat ne le fait-il pas ? C’est tout de même à lui de garantir à tous l’égalité d’accès à la justice.

Finalement cette disposition est doublement pénalisante : les avocats d’une part sont sous-rémunérés vis-à-vis de la prestation qu’ils offrent, d’autre part les justiciables les plus précaires sont également pénalisés. Qui s’occupera de leurs affaires désormais ? Si participer à l’aide juridictionnelle met en jeu la santé économique des cabinets, les plus pauvres ne seront plus défendus. Alors il y a atteinte au droit puisque l’accès à la justice n’est plus garanti pour tous.

Le député
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