Question au gouvernement - Au sujet de la suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires

CahuzacMonsieur le Premier Ministre,

Pour financer les folles promesses du candidat devenu Président, vous avez décidé de faire les poches des Français. De tous les Français, quels que soient leurs revenus !

En effet, vous avez annoncé la fin du dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires.

Cela revient tout simplement à vous attaquer à 9 millions de personnes qui font le choix de travailler dur pour gagner en moyenne 450 euros de plus par an.

C’est une moyenne. Cela peut donc payer des frais de transport pour aller travailler, ou le crédit de la voiture pour certains. C’est un plus pour le commerce local notamment en milieu rural.

Parce que ces heures supplémentaires, c’est de la création de richesses, nécessaires à notre économie et au financement du fonctionnement de notre société française !

Pour Bernard qui m’a écrit, eh bien je peux vous dire qu’il est clair : votre mesure c’est la baisse de son salaire net.

Mais comme vous avez honte de votre forfait, vous maquillez la vérité en faisant croire que les salariés des TPE ne seront pas concernés. C’est faux ! Vous abrogez dans ce collectif budgétaire les allègements de charges salariaux y compris dans les entreprises de moins de 20 salariés. C’est donc une baisse du salaire net pour ces salariés.

Pour Edith, à la tête d’une PME exposée à la concurrence internationale, c’est tout simplement l’augmentation du coût du travail puisque ces heures supplémentaires seront désormais chargées. C’est une atteinte à la compétitivité de son entreprise et à sa capacité de régir au marché (en principe on fait des heures supplémentaires quand il y a des commandes).

Bref, vous prenez la lourde responsabilité de vous attaquer au pouvoir d’achat qui fait la consommation ! Alors renoncerez-vous à ce projet ?
Sinon, je le dis aux salariés et aux chefs d’entreprise, le changement c’est peut être maintenant mais c’est pas marrant !

La réponse de M. Jérôme Cahuzac, ministre délégué chargé du budget :

" Monsieur le député, je comprends votre opposition à cette mesure – depuis cinq ans, nous avons d’ailleurs un désaccord à ce sujet –, mais je ne comprends pas votre surprise.

Sur les bancs socialistes, lors de la précédente législature, nous avons toujours dit que nous n’étions pas favorables aux exonérations de charges sur les heures supplémentaires. Selon nous, en période de croissance faible, et plus encore en période de récession, cette mesure est en effet créatrice de chômage. Et c’est bien ce qui s’est produit en France ! L’Allemagne, pays auquel vous souhaitez bien souvent que nous nous comparions, a mis en œuvre une politique économique rigoureusement adverse à celle que vous avez votée et soutenue durant cinq ans avec de nombreux députés encore présents sur ces bancs. Or l’Allemagne a vu son chômage baisser alors que le nôtre a explosé. Un million de chômeurs supplémentaires ces cinq dernières années témoignent pour le moins que la politique mise en œuvre par le gouvernement précédent et soutenue par la majorité UMP n’était pas adaptée.

Je souhaite corriger une information erronée qui a peut-être été reprise par certains en toute bonne foi : il n’y a pas eu davantage d’heures supplémentaires travaillées après que la mesure que vous avez mise en place est entrée en vigueur. A ce sujet, je vous renvoie au rapport rédigé conjointement lors de la précédente mandature par un député membre du groupe UMP et un député membre du groupe socialiste, radical et citoyen. Cette mesure destinée à encourager le travail ne l’a donc pas encouragé.

Ensuite, je veux rectifier une deuxième information. Votre chiffrage en termes de pouvoir d’achat part du principe que la suppression des exonérations sociales et des avantages fiscaux aboutira à la suppression de toutes les heures supplémentaires. Cette présentation est évidemment tout à fait malhonnête. Il sera toujours possible de faire des heures supplémentaires quand elles seront nécessaires. Elles seront toujours proposées par les entreprises et effectuées par les salariés. En revanche, les avantages sociaux et fiscaux qui leur sont attachés relèveront désormais du droit commun.

Nous avons un désaccord ; je vous propose que nous l’assumions calmement et sereinement, comme nous l’avons fait ces cinq dernières années.

Le député
Derniers tweets