Transport : vers quelles mobilités ?

BEL - Pourquoi la question de l’intermodalité est-elle devenue un enjeu majeur pour les villes ?

Nous sommes aujourd’hui confrontés à une situation où il est nécessaire d’envisager une nouvelle gouvernance des politiques publiques de déplacement sur le territoire régional au-delà des grands centres urbains. L’espace rural requiert des moyens de transport plus efficients et durables pour l’attractivité de nos territoires. Dans un contexte d’extension des périmètres intercommunaux, la mobilité périurbaine a besoin d’alternatives. Dans cette perspective, l’intermodalité a pour ambition d’accroitre la flexibilité des déplacements sur les espaces de faible densité, en permettant de coordonner différentes offres de transport lors d’un même trajet (bus, vélos en libre-service, covoiturage…etc.).

BEL - Comment peut-on remédier à ce problème et mettre en place une politique intermodale efficace ?

Sans nier l’utilité de l’intermodalité, je reste très dubitatif quant à son efficacité pour plusieurs raisons. Tout d’abord, l’intermodalité peut présenter de nombreuses contraintes, notamment sur le plan organisationnel : coordination des autorités organisatrices de transport ; temps d’attente entre deux transports ; difficultés de trouver un renseignement. Ensuite, l’intermodalité implique des contraintes financières importantes pour nos concitoyens : l’utilisation de différents titres de transports entraine la superposition, parfois débordante, des coûts.
Enfin, pour que la politique intermodale soit véritablement efficace, il faut qu’elle soit peu contraignante pour les citoyens. Ceci implique un travail important de coordination entre différents acteurs publics et privés.

BEL - Quels investissements seront nécessaires pour y parvenir ?

Les espaces périurbains manquent de financement pour développer la mobilité dans la ruralité. Bien avant l’offre d’intermodalité, les intercommunalités urbaines ont toujours financé le transport périurbain avec leurs capacités financières propres ; ce qui était, bien entendu, insuffisant. Depuis la loi du 6 août 2015 dite la « loi NOTRe », la compétence d’organiser l’intermodalité relève de la région. A ce titre, il appartiendra à la région d’apporter un certain nombre de réponses en matière de la mobilité rurale. A mon avis, il serait indispensable de développer un partenariat avec tous les acteurs de transport sur le territoire. N’oublions pas, j’en ai la conviction, que nos collectivités pourront prochainement d’ici quelques années investir dans des parcs de véhicules autonomes qui prendront, j’en suis sûr, une belle part des déplacements dans nos territoires où les transports en commun sont inexistants car non rentables.

BEL - Comment faire également accepter la mise en œuvre de droit de péages urbains, sans connaître le fiasco de l’écotaxe ?

La mise en place des péages urbains est une aberration du projet de loi porté par la ministre des transports. Cette mesure aura, sans aucun doute, un effet de ségrégation sociale. Les inégalités entre nos concitoyens seront de plus en plus accrues, notamment pour les habitants de la banlieue qui seraient confrontés à une véritable « barrière financière » leur interdisant d’entrer dans les centres urbains. Je suis radicalement opposé à cette mesure socialement injuste qui, contrairement à ce que l’on laisse croire, n’est pas protectrice de l’environnement. En effet, comme cela a été le cas pour l’écotaxe, il s’agit de donner le droit de polluer à ceux qui peuvent payer selon le principe « pollueur-payeur ».

BEL - Quelles infrastructures seront nécessaires pour limiter l’usage de la voiture dans les grandes agglomérations et comment les financer, sans toujours « taper » sur l’automobiliste ?

Je pense sincèrement, qu’il est nécessaire d’encourager nos concitoyens à utiliser les transports en commun, les vélos en libre-service, le e-Solex, le Matra-e-MO, ou encore les voitures électriques. Les autorités publiques doivent obligatoirement se mobiliser pour trouver des partenaires financiers dans le secteur privé afin de développer une diversité de moyens de transport alternatifs à l’automobile. Au niveau local, la région doit mettre en place des projets d’investissement pour le déploiement des véhicules électriques afin de perfectionner les solutions d’électromobilité.

Le député
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