Ma question au gouvernement au sujet de l’analphabétisme financier

M. Jean-Charles Taugourdeau interroge M. le Premier ministre sur la fragilité des connaissances financières de nos concitoyens.

Si les Français ne sont pas les seuls dans cette situation, une enquête internationale montrant que les autres pays sont également touchés, leurs résultats restent alarmants.

Pour contrôler leur santé financière de façon optimale, ils doivent connaître une multitude d’options financières et intervenir activement dans le secteur des finances. Les recherches ont démontré que la capacité de naviguer dans ce système complexe peut influer sur la capacité d’une personne à s’acheter une maison, à être à l’aise financièrement au moment de la retraite ou à payer les études de ses enfants.

Déjà, une étude du CREDOC publiée en octobre 2011, a mis en avant que « la culture financière des Français n’est pas brillante ». En effet, la plupart d’entre eux peine à maîtriser des concepts pourtant élémentaires en la matière. Ils ont également des difficultés à faire des calculs financiers simples. Par exemple, seule une personne sur deux sait que 100€ placés à 2% par an conduisent à un capital de 102€ au bout de un an. Une personne sur quatre seulement parvient à trouver, dans une liste de trois réponses possibles, la définition d’une obligation, 45% savent ce qu’est un fonds commun de placement et 52% connaissent les principes d’un dividende.

Ces mauvais résultats classent la France en queue de peloton des pays de l’OCDE dans lesquels ce type de tests ont étés menés en 2011.

Ces lacunes nourrissent un sentiment d’incompétence : 80% de la population reconnait qu’ils sont un peu perdus en matière de placements financiers. Il a même progressé depuis 2004 (+7 points).

En effet, ce qui se joue dans la sphère financière depuis 2008 semble leur échapper, alors que les répercussions sur leur vie quotidienne sont multiples : ralentissement économique, frein à la progression du pouvoir d’achat, hausse du chômage, plans de rigueurs pour tenter d’équilibrer les comptes publics, etc.

Or, les études montrent que les Français aimeraient être mieux formés : 79% souhaiteraient en apprendre davantage en matière de finance au cours de leur scolarité, 77% sont réceptifs à la possibilité de suivre une formation dans leur entreprise et 70% trouveraient utiles de consulter des sites Internet proposant des informations et explications pédagogiques. De plus, il a été démontré que les personnes à faible niveau d’instruction améliorent leurs conditions matérielles de 82% lorsqu’elles acquièrent plus de connaissances sur la gestion financière.

Ainsi, un renforcement des mesures de pédagogie s’impose.

Il lui demande donc de bien vouloir lui indiquer les mesures qui pourraient être mises en œuvre à différents niveaux (école, entreprises, plateformes d’information…) afin de lutter efficacement contre « l’analphabétisme financier » qui ne permet pas à nombre de nos concitoyens d’améliorer leur situation économique et de gérer leur argent au mieux.

Le député
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