Radars Invisibles : faire du chiffre sans sauver des vies !

Plusieurs de mes administrés m’ont interpellé par le biais de la Ligue de Défense des Conducteurs en ce qui concerne la généralisation des radars invisibles. J’ai souhaité leur répondre et leur indiquer que ce procédé n’est selon moi en rien légitime.

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Madame, Monsieur,

La politique de sécurité routière menée actuellement par le gouvernement se traduit par le déploiement de radars, désormais « invisibles » sur le territoire et cela n’est pas légitime. En effet une politique efficace de sécurité routière ne saurait se limiter à la seule implantation de radars contrôlant la vitesse des automobilistes à leur insu.
Tous les accidents ne sont pas causés par ce seul facteur, ainsi la sécurité routière ne peut être garantie qu’en agissant sur les multiples paramètres qui conduisent à un accident : les infrastructures (conception et entretien des routes), les véhicules (sécurité passive et active), et les comportements des usagers (formation, communication, respect des règles).

Les radars ne sauraient être considérés ni comme unique facteur d’amélioration de la sécurité routière, ni comme seuls responsables des hausses de mortalité routière. Les récents chiffres d’augmentation de la mortalité routière ne sauraient donc être imputés à la seule inefficacité supposée des radars, visibles ou non.
La faillite de la politique actuelle du Gouvernement en matière de sécurité routière est totale puisque les automobilistes vivent désormais toute sanction comme une profonde injustice.

Cette « hyper-répression » n’est pas la solution. En 2011, lorsque nous détenions la majorité parlementaire, nous avions ainsi assoupli le système de récupération du permis à point pour les petites infractions, en prévoyant qu’en cas de perte d’un seul point, le conducteur le récupérerait dans un délai de 6 mois, au lieu d’un an auparavant, s’il ne commettait pas de nouvelles infractions.

Sachez-le également, la mise en place des radars de tous types étant de compétence réglementaire et non législative, les parlementaires ne sont associés en rien aux décisions de l’exécutif en la matière. Je vous prie de croire, Monsieur, en l’expression de mes salutations distinguées.

Jean-Charles TAUGOURDEAU

Le député
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