Vernantes - Inauguration de l’ESAT du Moulin du Pin

Veuillez trouver ci-dessous l’essentiel de mon discours prononcé aujourd’hui à l’occasion de l’inauguration de l’extension des locaux de l’ESAT du Moulin du Pin.

Vous pourrez retrouver ce que j’ai pu dire à l’ensemble des membres de l’ESAT et aux personnes présentes hormis quelques digressions orales que j’ai pu faire durant mon discours notamment à propos de Vincent, personne non voyante, que j’avais embauché dans mon entreprise et qui y travaille toujours ainsi qu’à propos du rapprochement auquel j’aspire entre les groupements d’employeurs et les ESAT.

Bonne lecture !


Monsieur le Président,
Madame la Directrice générale,
Messieurs les Conseillers généraux,
Messieurs les Maires,
Chers Amis,

Je suis très heureux d’être ici parmi vous pour inaugurer l’agrandissement de cette structure d’accueil en faveur des personnes handicapées.
Année après année, la situation des personnes handicapées s’impose comme un véritable enjeu de société. Leur solitude, leurs difficultés, parfois leur détresse, restent grandes, même si elles sont, probablement, mieux connues et un peu mieux comprises aujourd’hui que par le passé.

Une société, je crois, se juge notamment à l’attention qu’elle porte aux plus fragiles et à la place qu’elle réserve, par conséquent aux personnes qui souffrent d’un handicap.

Et, je suis particulièrement content d’être ici car mon engagement central en politique est notamment l’attention aux plus fragiles mais également le travail. Et dans ces établissements, votre établissement, on allie les deux !

Dans vos établissements d’aide par le travail, on parle du travail et non pas d’emploi car régulièrement on parle d’aide à l’emploi sans se soucier de savoir s’il y a du travail…

Preuve en est d’ailleurs qu’aujourd’hui, on continue à cautionner des filières universitaires qui sont, pour certaines, des machines à fabriquer des chômeurs. On continuer à former des jeunes à des métiers dans lesquels il n’y a pas de demandes, dans lesquels il n’y a pas de travail donc pas d’emplois. Or, vous, vous répondez à des vraies demandes du marché que ce soit en matière de conditionnement, de blanchisserie ou d’espaces verts.

L’aide par le travail c’est aider les personnes. Et je trouve que cela participe à la remise de l’homme au coeur du système car, au bout du compte, la finalité du développement économique est de donner les moyens à chaque individu de vivre correctement de son travail en fonction de ses capacités. Oui, aujourd’hui, il y a des personnes totalement capables de travailler et qui travaillent à fond toute l’année, ce sont les saisonniers que nous connaissons bien, mais il y a les personnes qui ont des petits problèmes de santé, et qui sont capables de travailler à leur rythme. Et puis, il y a ceux qui sont complètement en incapacité de travailler. Et c’est là que le développement économique par la création de richesses, doit permettre de financer notre solidarité.
Je veux donc insister sur l’exemplarité de votre démarche. Et l’exemplarité de vos salariés !

A l’heure où l’on parle de productivité et de compétitivité, si tous les salariés en pleine capacité avaient le même enthousiasme, le même coeur à l’ouvrage et la même attention à leur travail que les vôtres, c’est à coup sûr un bon pourcentage de croissance de la productivité qui dégagerait quelques moyens supplémentaires pour gérer notre solidarité !

Et moi-même, en vous faisant travailler, j’ai pu constater la motivation et l’enthousiasme des salariés. Je le sais pour l’avoir vu dans mon entreprise et lorsque je suis venu vous rendre visite après la campagne électorale, j’atteste qu’ils y travaillent toujours !

C’est pour cela que je me suis battu pour qu’il soit donné plus de moyens et surtout de places aux ESAT. Certes, j’en avais demandé 3, nous en avons eu que 2 mais c’est déjà un bon début...
Je sais qu’il en faut encore plus, et qu’il faut poursuivre nos efforts dans ce sens. Oui, car je pense aux 250 familles, aux 250 personnes de notre département en attente d’avoir une place dans un établissement. Alors, il faut maintenir notre engagement en faveur de ces établissements qui ont le noble objectif de donner une place (sans jeu de mot) aux personnes en situation de handicap par le travail.

Alors, je souhaite ici faire un appel solennel certes à l’Etat, aux collectivités mais également aux entreprises. On ne mesure jamais combien le handicap, même léger, est un obstacle pour l’accès à l’emploi. Il me paraît important de dire que tous les efforts soient mis en relation avec la volonté de l’Etat pour développer encore plus ces établissements, partout sur notre territoire.

Les entreprises participent à l’intégration, en milieu ordinaire, des personnes qui semblent être plus lentes que d’autres. Tout est relatif, c’est le chef d’entreprise qui parle, je vais m’en expliquer.
La productivité n’est pas qu’une question de rapidité. C’est aussi une question de régularité, de qualité, de précision, d’attention, de rythme pour ne pas employer le terme « respect des process ».
Et si en une fois, même plus lentement, on fait un produit de qualité, c’est déjà beaucoup dans la productivité donc dans la compétitivité d’une entreprise. Oui, on peut, pour vouloir aller très vite, utiliser l’autoroute entre Angers à Paris mais si on s’arrête plusieurs fois sur les aires de repos on se fera toujours doubler par les camions qui ne s’arrêtent pas...

Cette image appliquée à une entreprise peut révéler, par exemple, des allers retours inutiles car on ne sait plus ce que l’on fait, ce que l’on doit faire parce que les consignes ne sont pas définies clairement.
Ce n’est pas parce que l’on met les machines à fond que l’on est plus productif si l’on s’arrête plusieurs fois dans la journée !
Accueillir l’autre même différent apporte beaucoup aux salariés. Cela vaut même parfois des remises en question lorsque l’on s’aperçoit qu’un salarié, plus lent, peut produire plus et mieux !
Mon engagement politique restera toujours centré sur cette valeur centrale pour l’Homme. Car sans le travail, on ne peut rien… rien pour soi, rien pour la solidarité, rien pour les autres.
Alors, vous le savez, mais je vous le redis, vous pouvez toujours compter sur moi, pour relayer vos attentes. Je poursuivrai toujours mes actions dans cette direction, c’est ma conception de l’Intérêt général.

Je vous remercie.

Le député
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