59ème Journées de la Rose

J’ai eu un immense plaisir à présider cette nouvelle édition des Journées de la Rose. Voici le discours que j’y ai prononcé :


J’aimerais aujourd’hui, ici à Doué en Anjou, Doué la Fontaine, introduire mon propos en félicitant celles et ceux qui ont créé la fête de la Rose il y a de cela 59 ans. Et les saluer chaleureusement. Je salue aussi tout particulièrement Agnès SORAL ambassadrice pendant un an de ces Journées.
Votre image Madame est, pour moi, liée à jamais à votre superbe rôle au côté de COLUCHE dans « Tchao pantin ! ».

Monsieur le Président, j’ai été sincèrement touché par votre invitation à présider cet évènement parce que je connaissais bien Jean Bégault, ami de mon père quand ils étaient sur les bancs de l’Assemblée nationale. Je suis ému d’être là en pensant à mon arrière-grand-père qui venait en charrette à cheval vendre des plants de porte-greffes. Ma grand-mère me racontait qu’il partait de Beaufort-en-Vallée à 3heures du matin et rentrait vers minuit à Beaufort. Enfin il paraît que c’était plutôt le cheval qui ramenait mon arrière-grand-père endormi !

Ces pionniers ont transmis un véritable savoir-faire aux générations qui leur ont succédé ! Et toute la profession connaît toute l’importance des racines !
Et pour les esprits chagrins qui pourraient se demander à quoi sert cette manifestation : je dirais qu’elle sert à faire briller l’image dessinée, coloriée, cultivée, parfumée par nos prédécesseurs visionnaires ! Doué-la-Fontaine serait-elle aussi connue aujourd’hui par ses roses, auxquelles s’ajoute la renommée du superbe Bioparc.

Malheureusement, un visionnaire n’est pas fait pour avoir raison dans l’instant (bien que notre époque ne soit réglée que sur l’heure de l’immédiateté).

Nous avons besoin de repères derrière nous et devant nous. Qui pourrait conduire et changer de direction sans regarder ni derrière et ni devant ?

Ce qui est certain c’est que nos paysans font preuve de patience pour améliorer par la sélection les qualités de plantes qu’ils cultivent en fonction des saisons. Rendez-vous compte, tenir compte des saisons ! Nous sommes le 12 juillet et va bientôt falloir se précipiter à aller acheter les « nouveaux » vêtements d’hiver à la mode !

Pour cultiver la terre, il faut aimer la terre et prendre son temps. Il faut être patient, observateur pour être sélectionneur, et visionnaire pour être obtenteur de variétés.
Alors oui, monsieur le Président, c’est un grand progrès technologique que de connaitre et pouvoir lire le génome du rosier. Cela va évidemment vous permettre de gagner du temps (couleurs, résistances, épines, fleurs solitaires…). Quand je dis gagner du temps, ce n’est pas celui qui est nécessaire à la qualité de vos recherches et de vos observations, mais celui qui coûte ! Ne dit-on pas « le temps, c’est de l’argent ? »

C’est d’ailleurs tout le problème de nos professions agricoles : sans crédit à la recherche, pas de recherche. Mais quand on met plusieurs années avant de trouver la bonne variété, celle qui va plaire et donc rapporter à l’entreprise…. il faut juste penser que pendant ces années, l’entreprise aura dû financer son fonctionnement !
Cette belle avancée technologique va vous permettre d’aller plus vite et c’est tant mieux pour la création de nouvelles variétés (voire l’amélioration d’anciennes variétés), d’aller plus loin dans leurs qualités (tenue, résistance aux maladies…).
Votre savoir-faire ancestral doit savoir profiter de la technologie moderne pour faire plus vite, plus beau. Notre savoir-faire ne survivra que par la qualité.

Nous ne devons pas comparer notre qualité (et donc son prix) à la non-qualité des zones de grandes productions (Afrique ; Amérique latine) et ni vouloir lutter contre le bas coût de leurs productions !

Nous devons croire en l’avenir de la qualité, de la haute qualité française et exploiter tous les marchés qui sont en demande de qualité, de roses de qualité, qui tiennent dans nos jardins, qui remontent bien et qui tiennent en vase.

Tout ce que nous tenons de nos racines familiales à certes un coût, mais ça n’a pas de prix !

Je prends le pari, aujourd’hui, que plus nous subirons les influences de l’intelligence artificielle ( et de grands mathématiciens nous la prédise d’ici trois ans !), plus nous nous tournerons, avec gourmandise, vers le luxe du bon sens et de la qualité bien de chez nous.

Vive la Rose, Vive les journées de la Rose !

  • samedi 14 juillet 2018
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