Fessenheim : arrêt du 1er réacteur ce samedi 22 février !

CONFERENCE DE PRESSE DE RAPHAEL SCHELLENBERGER
Raccordée au réseau électrique en 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim cessera de fonctionner d’ici l’été. L’arrêt du 1er réacteur interviendra ce samedi 22 février. Le second réacteur s’arrêtera ensuite le 30 juin prochain. Ainsi sera donc mise en œuvre, par la majorité actuelle, la promesse de campagne de François HOLLANDE formulée à la table des négociations avec les Verts lors de l’élection présidentielle de 2012, ciblant le site de Fessenheim en raison de la mobilisation des militants écologistes allemands.

Devenue depuis un symbole pour les partisans de la lutte contre l’énergie nucléaire, la fermeture de la centrale de Fessenheim était alors engagée sans qu’il ne soit possible de ramener le débat sur le terrain de la raison. A la veille de l’arrêt du 1er réacteur, la cohérence de cette fermeture n’a toujours pas été démontrée par le gouvernement.

• La centrale de Fessenheim est régulièrement reconnue par l’Autorité de sûreté nucléaire comme l’une des centrales françaises les plus sûres de notre pays ;

• Le site alsacien a atteint des performances de production d’électricité remarquables au cours de la décennie qui vient de s’achever ;

• Le fonctionnement des centrales de la même génération et de la même technologie que celle de Fessenheim a été prolongé d’au moins dix ans ;

• Jamais le territoire de Fessenheim n’a souhaité un tel arrêt, comme en témoigne la mobilisation constante des collectivités locales.

Et pourtant, la centrale nucléaire de Fessenheim s’arrêtera bien.

La lutte engagée contre l’énergie nucléaire manque elle-même de cohérence. Face à la priorité que devrait constituer la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre pour protéger l’environnement, comment comprendre que notre pays persiste à mener en parallèle une politique affaiblissant une source de production d’électricité propre.

Lorsque l’on considère comme défi prioritaire la lutte contre les dérèglements climatiques, il n’est pas concevable d’arrêter aujourd’hui deux réacteurs nucléaires en très bon état et de continuer à produire de l’électricité à base de charbon sur le sol français jusque 2024, voire 2026. Cette transition énergétique n’est pas crédible.

En amont de la fermeture de la centrale nucléaire, les collectivités et les acteurs politiques locaux se sont engagés, en responsabilité, à œuvrer pour préparer le territoire à l’arrêt des réacteurs et à ses conséquences, particulièrement lourdes sur le plan économique, social et énergétique :

• Plus de 2 000 emplois : 850 emplois directs concernés et plus de 1 100 emplois indirects ;

• Une sécurité d’approvisionnement électrique menacée dans un territoire fortement industrialisé comptant nombre de site électro-sensibles, alors que 85% de la consommation électrique alsacienne est couverte par la production de la centrale ;

• Des conséquences directes sur la compétitivité du territoire et son dynamisme économique. Des conséquences indirectes mais prévisibles liées à la perte d’activité.

Nous avons rapidement, dès le 1er comité de pilotage il y a plus de deux ans, mis sur la table ce constat et présenté au gouvernement une série de projets soutenus de longue date par les collectivités en prévision de la fermeture de la centrale de Fessenheim, qu’il s’agisse du besoin d’un site de production d’énergie important, avec une centrale de 600 MW fonctionnant au gaz vert, ou d’une évolution sur le tarif de rachat pour la méthanation.

Deux ans plus tard, à la veille de l’arrêt, le gouvernement ne s’est pas engagé. Aucun de ces dossiers n’a concrètement avancé. Le seul élément réside dans l’installation d’un parc photovoltaïque d’une disponibilité de 60 MW dont le plus simple des calculs permet bien de mesurer qu’il n’est absolument pas en mesure de compenser l’arrêt d’une centrale de 1 800 MW.

Le probable abandon de l’installation d’un ambitieux technocentre européen spécialisé dans le démantèlement témoigne du manque d’engagement criant de l’Etat. Alors que les deux points de blocage sont identifiés depuis deux ans par EDF et qu’il est du ressort de l’Etat de les lever, ces deux obstacles persistent aujourd’hui et la Ministre semble abandonner le projet pourtant plébiscité l’an passé en Alsace par son prédécesseur.

A la fermeture de la centrale s’ajoute donc l’abandon du territoire par le gouvernement, telle une double peine.



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