Reconnaissance faciale ?

Réunis en séance plénière le 17 octobre, les membres de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) se sont prononcés sur une expérimentation qui prévoyait le recours à la reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycées de la région PACA. Il a été considéré que ce dispositif n’était ni nécessaire, ni proportionné pour répondre aux objectifs visés : fluidifier et sécuriser les accès aux établissements scolaires, assister les agents en charge du contrôle d’accès des lycées, prévenir les intrusions et usurpations d’identité… Ce même rapport recommande l’usage de méthodes moins intrusives, comme le contrôle par badge.

Je tiens aujourd’hui à m’exprimer sur cette décision qui m’apparait comme étant déconnectée de toute réalité. Je ne conteste pas le fait que les traitements de données biométriques sont d’une sensibilité particulière. Je n’ignore pas non plus que les élèves concernés sont pour la plupart mineurs et que l’usage de certaines données pourrait avoir des conséquences que nous ne maitrisons pas encore. Mais quelles conséquences et qui seraient nouvelles ? Car à l’heure des réseaux sociaux, où des centaines de milliers de collégiens et lycéens exposent leur visage ou ceux de leurs amis quotidiennement, et même plus que leur visage, il ne me semble pas qu’il serait disproportionné d’user de la technologie pour protéger ces mêmes élèves.

Cela doit nous questionner sur la portée et la légitimité de la CNIL. Est-ce à un organisme institué par une loi de 1978, modifié en 2004 (seulement !) pour « l’adapter » à l’essor d’internet de juger des mesures à mettre en œuvre pour prévenir du risque terroriste sur nos enfants ?

N’en déplaise à la CNIL, elle doit comprendre qu’il peut être aujourd’hui nécessaire et intelligent d’user des mêmes libertés individuelles, qu’elle est sensée protéger , pour assurer réellement une sécurité collective. J’affirme donc tout mon soutien aux élus de la région PACA qui renouvelleront les démarches pour mettre en œuvre cette importante modernisation.

Le député
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