Rentrée scolaire 2018 : les points clés !

Mon collègue Patrick HETZEL, député et universitaire, spécialiste des questions d’éducation a passé en revue les différents points qui ont marqué cette rentrée scolaire 2018. Ci dessous, vous trouverez son analyse complète :

1. Le ministre Blanquer parle régulièrement de sa mesure phare concernant les dédoublements de classes. C’est une bonne mesure pour améliorer, dans le temps, la performance scolaire. Toutefois, la manière dont le ministre a procédé, engendre d’importants effets pervers. En voici quelques uns :
1- cela a conduit à des fermetures importantes de classes en milieu rural (on déshabille Paul pour habiller Pierre)
2-le nombre moyen d’élèves par classe hors REP et REP + a augmenté de 10 % entre la rentrée 2018 et la rentrée 2017
3- les effectifs des brigades de remplacement ont baissé en un an de plus de 20%, ce qui conduira à des difficultés pour remplacer les enseignants malades dans les mois à venir et entraînera une baisse des journées de formation des enseignants

2. En ce début d’année scolaire, il y a encore plus d’un millier de jeunes enfants handicapés qui n’ont pas d’auxiliaire de vie scolaire (A.V.S.). Ce chiffre n’a jamais été aussi important et montre un écart important entre les discours du gouvernement et ses actes.

3. Monsieur Blanquer a déclaré qu’il fallait mettre en place une importante campagne de promotion au sein de l’éducation nationale pour développer l’enseignement de la langue arabe et lui donner plus de prestige. Une telle affirmation est en totale contradiction avec toutes les études qui montrent justement que la politique d’assimilation passe avant tout par une parfaite maîtrise de la langue du pays. À cela, il convient d’ajouter que le problème majeur de l’école en France, c’est que justement, ce sont les fondamentaux de la langue française qui ne sont pas correctement maîtrisés et c’est donc bien là que les efforts doivent porter.

4. Le Ministre de l’Éducation nationale a annoncé qu’il allait supprimer 50% des rectorats pour limiter le nombre des rectorats à celui des nouvelles grandes régions. C’est une erreur majeure d’appréciation car on éloigne le décideur et le lieu de décision du terrain. Cet éloignement se fera au détriment de la prise en compte des spécificités du terrain. Bel exemple de vision technocratique et bureaucratique.

5. Concernant Parcoursup, sur un effectif de 800.000 jeunes qui se sont inscrits sur la plateforme Parcoup en début d’année, plus de 200.000 d’entre eux ont décroché de celle-ci car n’obtenant pas, via celle-ci, satisfaction. Ce chiffre est énorme, il représente 25% des utilisateurs. Il n’a jamais été aussi important. À titre de comparaison, l’an dernier ce chiffre était de 130.000 soient 16 % des inscrits. Ce chiffre a donc bondi de 40 % en un an. Ce qui est certain, c’est que Parcoursup a donc nettement moins bien répondu qu’A.P.B. aux attentes des jeunes qui se sont inscrits sur cette plateforme. 70.000 insatisfaits de plus qu’en 2017 ce n’est pas rien. Parcoursup signe donc bien une contre-performance de ce gouvernement.

6. Pour finir, Monsieur Blanquer est un parfait ministre de la Macronie : tout est dans la communication. Cela confine à l’illusionnisme. Ainsi, Monsieur Blanquer aime faire des annonces mais concrètement rien ne change vraiment dans notre système éducatif. D’ailleurs, le calme social actuel dans ce ministère est révélateur que rien ne change réellement. Le Ministre ne fait strictement rien pour que ses discours soient traduits en actes.

Le député
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