Maine-et-Loire. Réforme des retraites : le dialogue s’impose selon les parlementaires

Publié dans Ouest France

Une réforme nécessaire

"Il y a nécessité et urgence à réformer notre système de retraites, largement déficitaire en raison de certains régimes spéciaux", estime le sénateur LR Stéphane Piednoir. "Le régime actuel est inéquitable et ne tiendrait pas dans le temps", pour Nicole Dubré-Chirat, députée LREM d’Angers-Mauges. "La réforme proposée permet à terme la survie d’une retraite plus équitable pour tous. C’est une réforme sociale", ajoute le sénateur Emmanuel Capus (Agir). "Majoritairement, les Français souhaitent que nous fassions cette réforme. Notre système de retraite n’a pas d’avenir en l’état", assure Stella Dupont, députée LREM d’Angers sud. C’était une promesse du candidat Macron, rappelle Laetitia Saint-Paul, députée LREM de Saumur sud : "Il a aussi été élu pour ça. Il n’y a aucune surprise !".

Travailler plus

Éviter de baisser les pensions sans augmenter les cotisations "nécessitera de fait d’augmenter l’âge du départ à la retraite, en tenant compte bien sûr des carrières commencées tôt", indique Catherine Deroche, sénatrice LR. "La seule solution c’est l’allongement du temps de travail", pour Stéphane Piednoir, qui suggère même l’âge de 65 ans.

Pourquoi ça bloque

"Les intérêts sectoriels s’opposent à l’intérêt général. La communication est brouillée par la circulation de fausses informations", observe Philippe Bolo, député MoDem d’Angers-Segré. Pour le sénateur Joël Bigot (divers gauche), "la réforme est particulièrement injuste car elle est bâtie sur un axe essentiellement budgétaire et non sur des principes de solidarité et d’équité". La réforme proposée est "incompréhensible" et "inapplicable" pour Catherine Deroche, qui flaire que le gouvernement "va lâcher sur l’âge pivot et a déjà lâché sur les régimes spéciaux".

L’affaire Delevoye

"Les oublis de Jean-Paul Delevoye sont totalement incroyables et inacceptables. Cela contribue au climat de défiance vis-à-vis des élus", lâche Stéphane Piednoir, pourtant issu de la même famille politique. "C’est un épisode dont on se serait passé. C’est dommageable. Il a eu raison de démissionner", estime Stella Dupont.

Le flou sur l’âge pivot

"La sémantique trouble considérablement le message", regrette Stéphane Piednoir. "On a besoin de clarté. Les Français ont besoin d’être rassurés", dit Stella Dupont, consciente de l’angoisse et des inquiétudes de certaines professions, comme celle des enseignants. Joël Bigot demande le retrait de l’âge pivot à 64 ans qui fait passer l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans. Il déplore "de nombreuses zones d’ombre : l’âge de départ, la garantie de la valeur du point dans le temps, la reconnaissance de la pénibilité, la phase de transition entre le système actuel et le futur système".

Ce qu’ils préconisent

Catherine Deroche verrait bien "un régime de base peut-être universel et des régimes complémentaires spécifiques". Joël Bigot se dit attaché "à un système de retraite qui place en son cœur la solidarité par la répartition, qui prend pleinement en compte la pénibilité du travail, qui reconnaît les carrières longues et le droit à une retraite progressive". La pénibilité n’est pas toujours prise en compte. "Tous les métiers de manutention et de production manuelle sont pénibles. Il faut les exonérer de charges. Il vaut mieux aider les gens à travailler qu’aider les gens à ne pas travailler. Il y a trop de ponctions sur le travail qui crée la richesse", martèle Jean-Charles Taugourdeau, député LR de Saumur nord.

L’urgence

Emmanuel Macron et Edouard Philippe doivent "enfin faire preuve d’humilité et d’ouverture", considère Joël Bigot, qui demande le retrait de la réforme. "Je souhaite que le gouvernement soit intelligent et retire ce projet avant Noël", dit Jean-Charles Taugourdeau. "Il faut obtenir la suspension des actions durant les fêtes. Le climat social est exécrable. Les Français sont fatigués et aspirent à un répit", pour Stéphane Piednoir.

Le député
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