Discours de présentation des voeux à la population de Beaufort en Anjou

Vous savez que je suis toujours très heureux de vous retrouver, qui plus est dois ces Halles où j’ai débuté mon activité professionnelle en y vendant mes plants sur le marché du mercredi.

À chacune et chacun d’entre vous je présente mes vœux très sincères de bonheur et de santé à partager tous les instants si petits soient-ils avec vos proches et tous ceux que vous aimez.

Nous savons tous comment l’année 2018 s’est terminée.
Nous savons également comment 2019 a commencé : je pense que personne ne sait dire ce qu’il va se passer en France en cette année imprévisible, pleine de surprises, pour ne pas dire plein d’incertitudes (cela ne serait pas positif pour des vœux !).

J’émets très sincèrement le vœu que tous les Français en sorte grandis avec le sentiment qu’enfin ça vaudrait le coup de travailler et pour en vivre dignement. Et que oui , ça valait le coup d’avoir travaillé pour vivre pleinement sa retraite et pouvoir normalement aider ses enfants ou ses petits-enfants à s’installer à leur compte pour peu qu’ils aient envie de le faire.

Mais cela ne va pas se passer sans que chacun reconnaisse la part de responsabilité qui lui incombe pour en être arrivé là où la France en est.

Je ne peux pas soutenir le mouvement des Gilets Jaunes puisque je pense que j’en suis responsable en tant que législateur mais je les comprends et je peux agir en passant le message à mes collègues parlementaires que nous, législateurs, sommes en grande partie les responsables de l’état de la France.

Depuis 40 ans, (soyons à l’aise 20 ans de droite et 20 ans de gauche à gouverner ), nous avons autorisé les exécutifs successifs à nous présenter des budgets en déficit. Cela a coûté aux Français 1500 milliards d’euros de frais financiers et une dette aujourd’hui de plus de 2000 milliards !

Nous n’aurions jamais dû faire cela parce que l’État ne peut pas dépenser sans compter. Et quand il arbitre, c’est-à-dire qu’il réduit la dépense publique, chez nous en province, en milieu rural, nous savons tous maintenant que ça se réduit à la suppression des services au public alors que nos taxes continuent d’augmenter.

Je pense cependant que le législateur a quelques excuses. Ce n’est pas facile d’assumer une fonction sans formation !

Coluche disait : « faire de la politique c’est facile c’est cinq ans de droit et tout le reste de travers ». Évidemment c’est drôle dans l’instant mais je veux vous expliquer brièvement pourquoi cela ne l’est pas du tout.

D’abord, un législateur n’est pas forcément un juriste, et en droit le même mot n’a pas toujours le même sens au tribunal qu’en discutant le bout de gras sur le marché le mercredi.

Le législateur n’est pas forcément juriste et c’est là toute la difficulté de rédiger la loi.

J’ai été élu un 17 juin 2002 député, et le 1er juillet je votais la loi ! Jusqu’au 7 août pour voter une loi de sécurité intérieure en urgence alors que deux ans après tous les décrets n’étaient pas encore publiés !

Fort de cette expérience, j’ai décidé de déposer une proposition de loi (en 2014) qui obligerait le député à suivre pendant les trois mois suivant son élection une formation accélérée, certes, mais solide ! Et cela pour enfin assumer la fameuse séparation des pouvoirs, celle qui permet réellement de contrôler l’action de chaque gouvernement aux nom des Français qui nous élisent, que l’on soit, ou non, dans la majorité. C’est d’ailleurs le grand espoir que les Français avaient mis dans la co-construction des textes de loi tant vantée pendant la campagne des législatives.

Depuis des semaines, on entend que la démocratie coûte chère… mais en fait, un député peut coûter très cher à la France quand il ne connaît pas précisément les conséquences de ce qu’il vote !! Écrire la loi, ça ne se devine pas, ça s’apprend ! Le fonctionnement de la République, ça s’apprend ! Cela paraît évident et pourtant pendant des années c’est bien tout le contraire qui a été fait…

Imaginez-vous arrivant à Roissy pour prendre l’avion. Vous vous installez, vous attachez votre ceinture et vous entendez : « bonjour je suis votre pilote c’est mon premier vol mais ne vous inquiétez pas tout va bien se passer ! ».
Comprenez avec cet exemple que voter la loi sans formation ça peut être très préjudiciable à la France et aux français.

Mais je ne veux pas être plus long, j’organiserai une réunion à Beaufort et d’autres dans la circonscription pour en parler librement avec ceux que cela intéresse.

Je vous renouvelle tous mes vœux très sincères, de bonheur et de santé auprès de ceux que vous aimez et je pense particulièrement à tous ceux qui souffrent.
J’émets le souhait par-dessus tout, que malgré cette période difficile, chaque Français vivra mieux à la fin de 2019 qu’en ce moment.

Ensemble croyons en l’avenir et construisons nos territoires de France.

Le député
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